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Casse auto illégale à Guenrouët : ce que révèle la filière parallèle des épaves

Quatre hectares de champs agricoles, des carcasses de voitures par centaines, des feux de pneus et des riverains qui n’osent plus témoigner à visage découvert. Le reportage diffusé fin octobre par le journal de 20 heures de TF1 sur une casse automobile illégale de Loire-Atlantique remet en lumière un problème que les professionnels de l’enlèvement d’épaves connaissent bien : une part importante des véhicules en fin de vie échappe encore à la filière agréée.

Derrière cette histoire locale, il y a une question très concrète pour chaque automobiliste : où finit votre voiture quand vous vous en séparez, et quels risques prenez-vous en la confiant à la mauvaise personne ?

À Guenrouët, une casse sauvage installée depuis plus de vingt ans #

Selon TF1 Info, la casse se trouve sur la commune de Guenrouët, à une quarantaine de kilomètres au nord-est de Saint-Nazaire. Elle y est installée depuis plus de vingt ans. En 2013, le propriétaire avait reçu l’ordre de cesser toute activité et de nettoyer le terrain. Rien n’a été fait depuis.

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Le maire, Frédéric Millet, décrit un sentiment d’impuissance : la commune a envoyé plusieurs courriers recommandés, mais sans l’appui des services de l’État et des forces de l’ordre, elle ne peut pas faire grand-chose. Les riverains, eux, évoquent des feux de pneus aux odeurs « irrespirables » et redoutent des infiltrations dans les sols, avec des conséquences sur la qualité de l’eau.

Le point de vue de l’exploitant

Contacté par la rédaction, l’épaviste assure respecter les règles en matière de pollution et affirme que tout est vidangé avant démontage. Il estime que son inscription au registre du commerce lui donne le droit de travailler chez lui. Or une immatriculation au registre du commerce ne vaut pas agrément pour traiter des véhicules hors d’usage : c’est tout le cœur du problème.

Une filière parallèle qui pèse lourd #

Le reportage avance un ordre de grandeur frappant : en France, une voiture sur quatre finirait sa vie dans une casse automobile illégale, et environ 250 000 véhicules seraient traités chaque année hors de la filière officielle, d’après TF1 Info. Les sites sauvages se compteraient par centaines, et leur démantèlement est long et complexe tant les véhicules accumulés sont nombreux.

Le problème ne se limite pas au terrain. Les pièces démontées dans ces conditions se retrouvent ensuite sur des sites de revente entre particuliers, sans garantie ni traçabilité. Les journalistes ont d’ailleurs rencontré un vendeur qui proposait des voitures accidentées, dont une récupérée en Roumanie, et qui reconnaissait à demi-mot ne pas avoir le statut de casse. Vendre une voiture en fin de vie reste autorisé ; en vendre un grand nombre et démonter des véhicules sans déclaration ne l’est pas.

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Pourquoi c’est un enjeu environnemental

Une voiture hors d’usage contient des huiles, du liquide de refroidissement, du liquide de frein, une batterie et parfois des gaz de climatisation. Dans un centre agréé, ces éléments sont retirés et traités selon des procédures encadrées. Sur un terrain non aménagé, ils peuvent s’écouler dans le sol au fil des années. C’est précisément ce que redoutent les habitants de Guenrouët.

Ce que dit la règle pour les particuliers #

Pour un automobiliste, la démarche légale est claire. Le site officiel Service-Public.fr rappelle qu’un véhicule à détruire doit être remis à un centre VHU agréé par l’État, seul habilité à procéder à sa destruction physique et administrative. La remise d’un véhicule complet, c’est-à-dire avec sa carrosserie, son moteur, son pot catalytique et sa batterie, se fait gratuitement.

Le propriétaire barre la carte grise en y inscrivant la mention de cession pour destruction, remplit le formulaire cerfa 15776 avec les coordonnées et le numéro d’agrément du centre, puis reçoit un certificat de destruction. Ce document est essentiel : il prouve que le véhicule a bien quitté la circulation et qu’il n’est plus sous votre responsabilité. Il permet aussi de résilier votre contrat d’assurance.

Les bons réflexes avant de confier une épave

Avant de laisser partir votre voiture, demandez systématiquement le numéro d’agrément du centre VHU ou de l’épaviste partenaire et vérifiez qu’il figure bien sur les documents. Méfiez-vous des enlèvements proposés sans aucune paperasse ni certificat de destruction : sans ce papier, vous pourriez rester juridiquement propriétaire d’un véhicule dont vous ne maîtrisez plus le devenir. Le ministère de la Transition écologique détaille sur sa page consacrée aux VHU le fonctionnement de la filière et le rôle des centres agréés.

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Une affaire qui illustre un chantier national #

Le cas de Guenrouët n’est pas isolé, et il montre toute la difficulté de faire disparaître des sites installés depuis des années. Pour les communes, l’arsenal administratif existe, mais son application suppose des moyens et une coordination avec l’État. Pour les automobilistes, en revanche, le levier est immédiat : passer par la filière agréée, exiger son certificat de destruction et refuser les solutions trop opaques. C’est la meilleure façon de ne pas alimenter, sans le savoir, la prochaine casse sauvage.

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