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Plastique recyclé dans les voitures neuves : ce que le règlement VHU change pour les épaves

Une voiture qui part à la casse aujourd’hui pourrait finir, en partie, dans le tableau de bord d’une voiture neuve en 2032. C’est l’un des effets du nouveau règlement européen sur les véhicules hors d’usage (VHU), qui fixe pour la première fois une part minimale de plastique recyclé dans les véhicules neufs. Le Journal de l’Automobile a fait le point le 30 octobre sur la façon dont les constructeurs s’y préparent. Pour les centres VHU et les épavistes, le message est clair : le plastique des épaves va prendre de la valeur.

Ce que dit le règlement européen #

Le texte a reçu l’approbation finale du Parlement européen le 18 juin 2026, par 437 voix pour, 112 contre et 20 abstentions, selon le communiqué officiel du Parlement européen. Il couvre tout le cycle de vie d’un véhicule, de sa conception à son traitement en fin de vie.

Le point central concerne les plastiques. Chaque nouveau type de véhicule devra contenir au moins 15 % de plastique recyclé d’ici six ans, puis 25 % d’ici dix ans. Selon le Journal de l’Automobile, cela correspond aux nouveaux types homologués à partir du 1er septembre 2032 pour le premier palier et du 1er septembre 2036 pour le second. Le règlement a été publié au Journal officiel de l’Union européenne le 24 juillet 2026.

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Une part qui doit venir des épaves

Le détail qui concerne directement la filière de la casse automobile est celui-ci : au moins 20 % de ce plastique recyclé devra provenir de matériaux récupérés sur des véhicules hors d’usage ou des pièces usagées. Le Parlement parle de « circuit fermé ». Autrement dit, il ne suffira pas d’acheter des bouteilles recyclées : une partie de la matière devra venir des voitures en fin de vie.

Pourquoi le plastique des voitures est difficile à recycler #

Une voiture moderne contient entre 15 et 20 % de plastique par rapport à son poids, soit 210 à 240 kg, rappelle le Journal de l’Automobile. Le polypropylène représente à lui seul 30 à 40 % de ce plastique. Le problème, c’est que ces matières sont souvent mélangées, collées ou assemblées avec d’autres, notamment dans l’habitacle.

Résultat : selon des analyses de la Commission européenne de 2022 et 2023 citées par le journal, les plastiques automobiles affichaient des taux de recyclage inférieurs à 10 %. Et d’après une étude de l’Ademe, les plastiques recyclés représentent moins de 10 % des matières utilisées dans les véhicules. L’écart avec l’objectif de 25 % est donc important.

Les constructeurs se sont organisés #

Les grands groupes ont pris les devants. Renault a créé en octobre 2022 The Future is Neutral, son entité dédiée à l’économie circulaire, associée au recycleur Gaia. Stellantis a fondé SUSTAINera en novembre 2023, avec Galloo Plastics parmi ses partenaires. Côté équipementiers, Forvia a lancé Materi’Act en 2022 pour commercialiser des plastiques recyclés et biosourcés.

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La présidente de Materi’Act, Élise Moreau, explique au Journal de l’Automobile que son entreprise aurait voulu aller plus vite : « Nous voulions directement intégrer, dès le début, 25 % de plastique recyclé, car nous savons techniquement le faire. »

Ce que cela change pour les centres VHU #

Pour les démolisseurs agréés, la conséquence pratique est simple : le démontage des pièces plastiques va devenir plus intéressant. Aujourd’hui, une grande partie de ces matières finit broyée avec le reste de la carcasse. Demain, pare-chocs, garnitures et réservoirs pourraient être triés et revendus aux recycleurs qui alimentent les constructeurs.

Le règlement prévoit aussi que les nouveaux véhicules soient conçus pour permettre le retrait facile du plus grand nombre possible de pièces et de composants. Les épaves des années 2030 devraient donc être plus simples à démonter que celles d’aujourd’hui.

Les constructeurs paieront la fin de vie

Autre changement de taille, prévu trois ans après l’entrée en vigueur : la responsabilité élargie des producteurs. Les constructeurs devront prendre en charge les coûts de collecte et de traitement des véhicules arrivés en fin de vie, où qu’ils se trouvent dans l’Union européenne, précise le Parlement européen.

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Le texte encadre aussi la vente de voitures d’occasion. Les professionnels devront vérifier qu’un véhicule vendu n’est pas un VHU, ou disposer d’un contrôle technique valide. Pour les particuliers, ce document ne sera exigé que si le véhicule a été déclaré en perte totale ou si la vente passe uniquement par une plateforme en ligne. Les véhicules qui ne sont pas en état de circuler ne pourront plus être exportés hors de l’Union.

Et pour le propriétaire d’une épave ? #

Pour un particulier qui veut se débarrasser d’une vieille voiture, rien ne change dans l’immédiat : il faut toujours passer par un centre VHU agréé, qui délivre le certificat de destruction. Mais la filière se prépare à traiter davantage de matière avec plus de soin. Avec 6,5 millions de véhicules qui arrivent en fin de vie chaque année dans l’Union, selon le Parlement européen, le gisement est considérable.

À terme, faire enlever son épave par un professionnel agréé, plutôt que de la laisser se dégrader dans un jardin ou de la céder à un circuit non déclaré, c’est aussi permettre que ses plastiques reviennent dans les voitures de demain.

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