Une Peugeot 206 qui ne démarre plus au fond d’une cour, une Citroën Xsara Picasso immobilisée depuis l’hiver dernier, une Fiat Panda récupérée dans une succession. Pour toutes ces voitures, le chemin vers la destruction légale vient d’être précisé. Le 27 octobre 2026, Stellantis a annoncé que les autorités françaises avaient approuvé, fin août, le réseau de centres VHU partenaires de son système individuel. Ce réseau est piloté par Valorauto.
Derrière ce communiqué un peu technique se cache une question très concrète pour les propriétaires d’une épave des marques du groupe : à qui la confier, à quel prix, et avec quels papiers ?
Les points :
- Ce que la filière REP a changé depuis 2024
- Valorauto, l’interlocuteur des propriétaires
- Stellantis rejoint Volkswagen, qui avait ouvert la voie
- Le guichet unique pour s’y retrouver
- Lutter contre les casses sauvages
- Que deviennent les pièces ?
- Nos conseils si votre épave est une Peugeot, une Citroën ou une Fiat
Ce que la filière REP a changé depuis 2024 #
Depuis le 1er janvier 2024, la fin de vie des voitures particulières, des utilitaires légers, des deux et trois-roues motorisés et des quadricycles à moteur relève de la responsabilité élargie du producteur (REP), créée par la loi anti-gaspillage pour une économie circulaire. Concrètement, chaque constructeur doit soit adhérer à un éco-organisme agréé, soit monter son propre « système individuel » validé par l’État.
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Stellantis a choisi la seconde voie. Selon le communiqué du groupe, un arrêté du 1er juillet 2024, publié au Journal officiel le 9 juillet 2024, a agréé le système individuel de Stellantis Auto SAS jusqu’au 31 décembre 2029. L’agrément couvre la métropole, mais aussi les départements d’outre-mer, Saint-Martin et Saint-Pierre-et-Miquelon.
Restait une étape prévue dès l’agrément : faire valider le maillage des casses et centres de traitement qui recevront concrètement les véhicules. C’est cette approbation qui vient d’être rendue publique.
Valorauto, l’interlocuteur des propriétaires #
Pour le compte du constructeur, Valorauto gère le réseau de professionnels agréés et propose un parcours en ligne sur son site. Le communiqué liste les services prévus pour les détenteurs d’un véhicule hors d’usage des marques concernées :
L’enlèvement gratuit du véhicule sur son lieu de stationnement, et la prise en charge gratuite des véhicules complets. Le mot « complet » compte : une voiture dont on a déjà retiré le moteur, le catalyseur ou les roues ne relève plus forcément du même traitement.
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Les formalités administratives : radiation du véhicule et remise d’un certificat de destruction. Ce document est celui qui met fin à votre responsabilité de propriétaire, notamment pour l’assurance et les éventuelles amendes.
La dépollution et le traitement dans des installations agréées, avec récupération des pièces réutilisables et recyclage des matières.
Le groupe ajoute qu’une équipe dédiée aide à résoudre les dossiers compliqués, comme la perte des papiers du véhicule ou une voiture issue d’un héritage. Ce sont précisément les situations qui poussent beaucoup de particuliers vers des repreneurs non agréés.
Stellantis rejoint Volkswagen, qui avait ouvert la voie #
Stellantis n’est pas le premier constructeur à franchir cette étape. En juin, le Journal de l’Automobile rapportait que le réseau de Volkswagen Group France avait été approuvé par le ministère de l’Environnement le 27 mai 2026. Il réunit 675 centres de recyclage partenaires en métropole et outre-mer. Le même article rappelle que la grande majorité des constructeurs, dont Volkswagen, Renault et Stellantis, ont opté pour un système individuel plutôt que pour un éco-organisme commun.
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Pour le propriétaire, la conséquence est simple : selon la marque de sa voiture, l’interlocuteur n’est pas le même. Le communiqué de Stellantis ne précise pas le nombre de centres de son réseau.
Le guichet unique pour s’y retrouver #
Pour éviter de chercher marque par marque, il existe un point d’entrée commun : jerecyclemonvehicule.fr. On y choisit la catégorie de véhicule et la marque, puis on est orienté vers la solution du constructeur ou de l’éco-organisme compétent. Stellantis y est référencé, comme l’impose la réglementation.
Le site affiche aussi quelques repères sur la filière. En 2023, 1 019 390 véhicules hors d’usage ont été pris en charge, et le taux national de réutilisation et de valorisation a atteint 96,7 %.
Lutter contre les casses sauvages #
Le communiqué le dit sans détour : le système individuel doit aussi « lutter contre les filières illégales de traitement des VHU ». Une épave vendue en liquide à un ferrailleur sans agrément finit souvent démontée dans un champ, avec huiles, liquide de refroidissement et fluides de climatisation qui partent dans le sol. Pour le vendeur, le risque est aussi administratif : sans certificat de destruction, la voiture reste à son nom.
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Le texte évoque également les véhicules abandonnés dans les territoires d’outre-mer, un problème ancien dans des départements où le coût d’évacuation vers une installation agréée a longtemps freiné le ramassage.
Que deviennent les pièces ? #
Stellantis rattache ce réseau à SUSTAINera, sa division consacrée à l’économie circulaire, construite autour de quatre leviers : remanufacturer, réparer, réutiliser et recycler. Les pièces d’origine récupérées au démontage peuvent être revendues en l’état ou reconditionnées. Ce qui ne peut pas être réemployé part au recyclage, avec l’objectif affiché de réintroduire ces matières dans la production de nouveaux véhicules du groupe.
Nos conseils si votre épave est une Peugeot, une Citroën ou une Fiat #
Avant tout, rassemblez la carte grise, une pièce d’identité et, si la voiture est gagée, le certificat de non-gage. Si des documents manquent, signalez-le dès la demande : c’est le cas de figure pour lequel l’équipe dédiée a été prévue.
Ne démontez rien avant l’enlèvement si vous voulez bénéficier de la reprise gratuite d’un véhicule complet. Enfin, exigez toujours le certificat de destruction remis par un centre VHU agréé : c’est votre seule preuve que la voiture a quitté la circulation dans les règles.
Si votre véhicule est d’une autre marque, ou si vous préférez passer par un professionnel près de chez vous, vérifiez simplement que le centre est bien agréé par la préfecture. Le guichet unique indique, marque par marque, la solution de reprise prévue et, le cas échéant, l’enlèvement gratuit à domicile.



