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Épaves sauvages dans l’Orne : un exploitant condamné à Argentan, le signe d’une filière parallèle

Le tribunal correctionnel d’Argentan, dans l’Orne, a condamné le 6 octobre l’exploitant de deux sites où s’étaient entassées, pendant près de vingt ans, des centaines de carcasses de voitures et de poids lourds hors de toute filière agréée. Une affaire locale, mais qui éclaire un problème national : une part importante des épaves françaises ne passe jamais par un centre VHU autorisé.

En bref
• Deux sites de l’Orne, à Sap-André et Gacé, accumulaient épaves, pneus et déchets métalliques depuis près de vingt ans.
• Sanction : 15 000 € d’amende, confiscation de 124 200 € saisis et huit mois pour remettre les terrains en état.
• Selon l’Ademe, citée par la presse, 300 000 à 400 000 véhicules hors d’usage échappent chaque année aux circuits légaux.

Que s’est-il passé dans l’Orne ? #

D’après notre-planete.info, qui a relaté l’affaire le 7 octobre, deux terrains situés à Sap-André et à Gacé servaient de dépôt à des centaines de véhicules en fin de vie. Voitures, poids lourds, pneus et ferraille s’y sont accumulés pendant près de deux décennies, sans dépollution ni traçabilité.

Le tribunal correctionnel d’Argentan a prononcé une amende de 15 000 euros contre l’exploitant et ordonné la confiscation de 124 200 euros qui avaient été saisis. Il lui laisse huit mois pour remettre les lieux en état, sous peine d’une astreinte de 30 euros par jour de retard.

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Pourquoi un dépôt d’épaves pose-t-il problème ? #

Une voiture hors d’usage n’est pas un simple tas de métal. Elle contient encore de l’huile moteur, du liquide de frein, du liquide de refroidissement, parfois du carburant, une batterie au plomb et des gaz de climatisation. Laissée à l’air libre pendant des années, elle relâche peu à peu ces fluides dans le sol et les eaux.

C’est précisément le rôle d’un centre VHU agréé par la préfecture : vider et récupérer ces fluides, retirer les pièces dangereuses, démonter ce qui peut être réutilisé, puis confier la carcasse à un broyeur agréé. Un dépôt sauvage saute toutes ces étapes.

Il y a aussi un enjeu de concurrence. Un ferrailleur non autorisé n’a ni les obligations de dépollution, ni les contrôles, ni les investissements d’un site agréé. Il peut donc proposer des prix ou des rachats qui paraissent avantageux, au détriment des professionnels qui respectent les règles.

Quelle est l’ampleur de la filière parallèle ? #

Le même article cite une estimation de l’Ademe : chaque année, entre 300 000 et 400 000 véhicules hors d’usage échapperaient aux circuits légaux. À comparer avec les 1,2 million de VHU officiellement pris en charge en France en 2023.

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Autrement dit, pour trois à quatre épaves traitées dans les règles, une autre disparaîtrait dans un circuit parallèle : revente de pièces sans contrôle, export, stockage sur un terrain privé ou abandon pur et simple.

La filière officielle, elle, affiche de bons résultats. Toujours selon les chiffres 2023 repris par notre-planete.info, 89 % de la masse des VHU traités a été réutilisée ou recyclée, et 96,7 % réutilisée ou valorisée, en comptant la valorisation énergétique. Les données détaillées de la filière sont publiées en open data sur data.gouv.fr.

Ce que demandent les acteurs de la filière #

L’initiative Recycler Mon Véhicule, qui oriente les particuliers vers les centres agréés, réclame selon notre-planete.info des moyens pour fermer plus rapidement les sites clandestins. Dans l’affaire de l’Orne, il aura fallu près de vingt ans entre les premiers dépôts et la condamnation.

Le cas illustre une difficulté connue : tant qu’un site illégal n’est pas signalé et poursuivi, il continue d’attirer des véhicules, souvent parce que leurs propriétaires ne savent pas faire la différence entre un épaviste agréé et un simple récupérateur.

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Comment être sûr que votre épave finit au bon endroit ? #

Le réflexe le plus simple est de demander, avant tout enlèvement, le numéro d’agrément préfectoral du centre VHU qui prendra le véhicule. Un professionnel sérieux le communique sans difficulté, et il figure en principe sur ses documents.

Lors de la remise, le centre agréé vous remet un certificat de destruction. C’est ce document qui prouve que le véhicule est sorti de votre responsabilité et qu’il sera traité dans les règles. Sans lui, la voiture reste rattachée à votre nom, avec les risques que cela comporte en cas d’infraction ou d’abandon.

Méfiez-vous enfin des annonces qui proposent de racheter une épave « en l’état », sans papiers ni formalités. Un rachat rapide et en liquide, sans certificat, est souvent le signe que le véhicule ne passera jamais par un centre agréé.

Questions fréquentes #

Qui a été condamné dans l’Orne ?

L’exploitant de deux sites, à Sap-André et Gacé, condamné le 6 octobre par le tribunal correctionnel d’Argentan à 15 000 euros d’amende, avec confiscation de 124 200 euros et obligation de remise en état sous huit mois.

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Combien d’épaves échappent aux circuits légaux ?

Entre 300 000 et 400 000 par an selon l’estimation de l’Ademe citée par la presse, contre 1,2 million de VHU pris en charge officiellement en 2023.

Quel document exiger quand on fait enlever son épave ?

Le certificat de destruction remis par un centre VHU agréé. Demandez aussi son numéro d’agrément préfectoral avant l’enlèvement.

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